répression à l’Université de Perpignan

Communiqué lu sur Luttes étudiantes :

Condamnation de Yann et Pierre : la « Justice » contre les luttes sociales

Ce mercredi 12 août, en plein creux estival, le tribunal de Perpignan rendait son délibéré dans l’affaire Yann et Pierre. Plus d’une centaine de personnes sont venues accompagner nos camarades. Elles étaient plus de deux cents lors de leur comparution devant la cour du tribunal de Perpignan le 29 juin dernier. Plusieurs organisations locales et nationales soutenaient Yann et Pierre. Malgré cette mobilisation, nos camarades Yann et Pierre viennent d’être condamnés à 550 euros d’amende chacun (200 euros pour outrage à un professeur et 350 euros pour les frais de justice engagés par l’université de Perpignan, partie civile) et un mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN.
Dans un dossier vide, où il ne restait qu’une injure à un professeur anti-bloqueur, une photo saisie d’un slogan peint sur la route lors de la lutte anti-CPE, et le refus du prélèvement d’ADN, la volonté de la « justice » est claire : condamner Yann et Pierre pour leur participation active contre la loi LRU .
La répression sur les militants investis dans les luttes sociales doit alerter l’ensemble de ceux et celles qui refusent de se résigner face aux injustices (salariés luttant pour garder leur emploi trainés devant les tribunaux, militant-es de la lutte des sans-papiers ou pour le logement etc.). La condamnation de Yann et Pierre est complètement dans le processus d’une véritable criminalisation du mouvement social et des luttes.
Plus généralement, cette condamnation est un nouveau marqueur de l’érosion des droits de manifestation et d’expression. L’État balise toujours à la baisse le champ de la contestation qu’il tolère, en réprimant les luttes qui le dérangent. Ainsi, tous ceux qui pensent que la lutte ne doit pas accepter les limites fixées par le pouvoir (encadrement du droit de grève, notamment), et qu’elle doit être menée loin des organes institutionnels, se voient poursuivis en justice de plus en plus systématiquement. La quasi interdiction des manifestations (camp No Border à Calais, anti-OTAN à Strasbourg…), comme la condamnation de Yann et Pierre à un mois de sursis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN s’inscrivent dans cette logique du « tout sécuritaire ». Nos libertés se restreignent de plus en plus : jusqu’où, jusqu’à quand allons-nous laisser faire ?
C’est bien à un procès politique auquel nous avons assisté. Le pouvoir a décidé de « se payer » deux militants actifs qui se revendiquent anarchistes ; deux anarchistes qui loin des clichés ont une action réfléchie au cœur de la lutte, action qui trouve un écho et est comprise ; deux militants qui ont travaillé à l’auto-organisation des luttes étudiantes, à la mise en place de pratiques anti-autoritaires dans ces luttes, et qui remettent en cause le fonctionnement global de la société. Le pouvoir ne veut pas laisser ces situations se répéter et il sort donc le bâton …
Yann et Pierre, leurs soutiens et leurs avocats étudient l’opportunité de faire appel de cette décision. Nous vous tiendrons au courant des suites décidées et ferons à nouveau appel à vous en cas de besoin.

Montpellier, le 12 août 2009
Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes

(Pour un historique, voir ce précédent billet de Poolp)

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