premières conséquences médiatiques de la répression 21 juillet 2009 par le président UJM

-5 aout 2009

http://www.leprogres.fr/fr/region/la-haute-loire/haute-loire/article/1855044,183/Universite-Jean-Monnet-des-etudiants-devant-le-conseil-de-discipline.

Une dizaine d’étudiants de l’Université Jean-Monnet à Saint-Étienne ont reçu par courrier recommandé (avec accusé de réception) une convocation devant la commission d’instruction de la section disciplinaire du conseil d’administration pour la rentrée de septembre.

Ces convocations concernent les étudiants les plus engagés dans le mouvement de grève qui s’est déroulé entre janvier et juin de cette année, le conflit le plus long qu’a connu l’Université qui fêtait cette année ses quarante ans. Il est reproché à ces étudiants d’avoir « porté atteinte à l’ordre et au bon fonctionnement de l’université ».

Seraient visés, selon les étudiants, l’occupation illégale des locaux lors de la soirée de clôture de l’Université solidaire le 30 juin, et la perturbation de la cérémonie de pose de la première pierre de la future Maison de l’Université.

Des « prétextes », indique dans un communiqué le collectif des étudiants de Tréfilerie, qui estime que la présidence de l’Université a ainsi « franchi une nouvelle étape dans sa logique répressive ».

« Un accord avait pourtant été trouvé avec le président par lequel les grévistes s’étaient engagés à ne pas perturber les cours et examens en échange de l’abandon des poursuites administratives et judiciaires », s’insurgent les étudiants.

Le collectif parle de « répression administrative contre les étudiants grévistes qui sont du fait de cette convocation menacés d’exclusion de l’université » et appelle à une réunion publique le 1er septembre à la bourse du travail.

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-7 aout 2009 sur http://www.rue89.com/2009/08/07/conseil-de-discipline-pre-rentree-pour-10-leaders-etudiants

En pleines vacances, une dizaine d’étudiants stéphanois de l’université Jean-Monnet, meneurs des mouvements de grève de cette année, ont eu la bonne surprise de recevoir un courrier recommandé avec accusé de réception daté du 21 juillet leur signifiant une convocation en section disciplinaire du conseil d’administration.

Il leur est reproché d’avoir « porté atteinte à l’ordre et au bon fonctionnement de l’université », d’une part en ayant « perturbé la cérémonie du 24 juin relative à la pose de la première pierre de la future Maison de l’Université – Maison des étudiants », d’autre part en occupant « des locaux du Site Tréfilerie, la nuit du 30 juin au 1er juillet 2009 au-delà de l’autorisation accordée par le Président de l’Université ».

Des plaintes nominatives ont également été déposées à l’encontre de ces étudiants.

Première répression a posteriori

D’après Denis Aguiton, secrétaire fédéral de Sud Etudiant :

« C’est la première répression à posteriori du mouvement de cette année. Cela rappelle un peu l’affaire du lycée Ravel. Il y a de plus en plus une affirmation dans les universités d’un refus des mouvements de grève. »

D’après lui, cette action estivale a pour but de préparer la rentrée : « Il y a des inquiétudes que les mouvement de grève puissent se perpétuer, car le malaise ne s’est pas arrêté. »

C’est aussi le sentiment des étudiants incriminés : « Ils s’y sont pris pendant les vacances, pour déstabiliser le mouvement en septembre. »

Un engagement non respecté ?

Car pour eux, le président n’a pas tenu ses engagements. Comme l’a écrit un chercheur élu au conseil scientifique dans un e-mail à Khaled Bouabdallah, président de l’université :

« Nous avions eu l’engagement du vice-président recherche devant tous les élus lors de l’avant-dernier conseil scientifique qu’il n’y aurait aucune action nominative de la présidence notamment contre des étudiants qui ont participé aux mouvements sociaux. »

Contacté par Rue89, Khaled Bouabdallah analyse la situation différemment :

« Une chose est certaine, c’est que tout cela n’a rien avoir avec les événements du premier semestre. Hormis que cela concerne les même personnes.

Le mouvement a particulièrement été long et suivi à Saint-Etienne. Après des dégradations, des plaintes contre X et nominatives avaient étaient déposées. Je les ai entièrement retirées par soucis d’apaisement au mois de juin. Mais ont eu lieu par la suite deux événements qui n’ont rien à voir.

L’engagement correspond à ce qui s’est passé avant et concernait le premier mouvement. Je n’ai jamais dit qu’il n’y aurait plus de plaintes pour la nuit des temps. »

Le conseil d’administration a en effet rendu le 6 juillet une déclaration à l’unanimité interpellant le président :

« Le conseil d’administration met en garde l’ensemble de la communauté universitaire contre toute dérive minoritaire et demande au président de mettre en œuvre toutes les mesures et actions qui permettront un bon déroulement de la prochaine année universitaire. »

Le 17 juillet, Khaled Bouabdallah saisit donc par courrier Gilles Jacoud, président de la section disciplinaire du conseil d’administration. Pour l’un des étudiants incriminés :

« C’est encore l’excuse de la minorité, mais les deux actions visées faisaient partie du mouvement au même titre que le reste. La soirée du 30 juin était la soirée de clôture de l’Université solidaire, qui faisait partie du mouvement. Des enseignants étaient même présents. »

Concernant la cérémonie de la pose de la première pierre, elle considère l’action comme symbolique : « Toutes les personnes contre le mouvement étaient là : le maire, le recteur… »

L’image de l’université en jeu

Pour un des étudiants poursuivis, le véritable enjeu de ces poursuites c’est l’image de l’université Jean-Monnet :

« Tout cela a lieu dans le contexte de construction du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur, l’université veut se faire une place dans le pôle régional ».

Une autre étudiante confirme :

« C’est surtout l’action à la pose de la première pierre qui leur pose problème. Nous nous sommes invités au cocktail, et nous avons boycotté les discours. »

Un problème d’image que ne nie pas Khaled Bouabdallah :

« J’ai eu la honte de ma vie. Ils ont empêché la tenue des discours et insulté les élus de la République. Ils mettent en l’air l’image de l’université. »

Les étudiants passeront en conseil de discipline le 10 septembre. Cherchant à s’organiser collectivement, ils appellent à un rassemblement le 1er septembre à la Bourse du travail. De son côté, un enseignant élu au conseil scientifique a demandé de mettre l’annulation de cette décision à l’ordre du jour de leur première réunion de l’année.

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