journal libération, vote contreversé du 18mai 2009, université saint-etienne

Reference:http://www.liberation.fr/depeches/0101567993-les-etudiants-de-saint-etienne-votent-la-reprise-sur-fond-de-tension

SAINT-ETIENNE (AFP) – Voyant approcher les examens avec inquiétude, les étudiants de l’université de Saint-Etienne, un des derniers bastions de la lutte contre la réforme Pécresse, ont voté lundi à près de 90% en faveur de la reprise des cours, lors d’un référendum controversé.

« Êtes-vous favorable à la tenue des cours et des examens qui permettront de valider le semestre? »: la question est placardée sur le campus, où urnes et matériels de vote ont été installés pour la journée.

« Comment voulez-vous répondre autre chose que +oui+ à une question pareille? Ils se foutent de notre gueule! », lance, rageur, l’un des étudiants qui bloquent les accès au bureau de vote, refusant de s’identifier, alors que des échauffourées entre « bloqueurs » et candidats au vote ont émaillé la journée.

Et en effet, le millier d’étudiants (sur un total de 7.000) qui s’est déplacé pour voter a répondu « oui », à près de 90%. Officialisant la cassure entre les « bloqueurs », qui exigent toujours le retrait de la réforme de l’université, et les partisans de la reprise des cours.

Ces derniers ont d’ailleurs de facto repris à Saint-Etienne depuis quelques jours, donnant à ce référendum organisé par la présidence de l’université une dimension symbolique d’accord de fin de conflit.

« La rupture, elle est entre les +bloqueurs+ et les autres étudiants, qui sont pourtant à 80% contre la réforme Pécresse », analyse Marco, un étudiant venu voter, refusant de donner son nom de famille.

« Il n’y a plus personne aux AG », explique cet opposant de la réforme, qui a repris ces derniers jours, bon gré mal gré, le chemin des amphithéâtres.

« Au début, nous étions à peu près 1.500, assez représentatifs des 7.000 étudiants de Saint-Etienne. Mais la dernière fois, le blocage a été voté par 150 voix pour, 118 contre et deux abstentions », ajoute-t-il.

« Les divergences sont sur la méthode: il n’y a pas de majorité favorable à ce qu’on foute une année en l’air », conclut-il pour résumer le sentiment de lassitude générale.

Pour les quelques centaines d’étudiants étrangers de Saint-Etienne, la situation est critique, après deux mois sans cours.

« Je comprends que c’est l’expression de la démocratie à la française », explique Yeng, 20 ans, étudiante chinoise en économie et gestion.

« Je ne sais pas si je pourrai passer mes examens, et donc si mon année a servi à quelque chose », se demande-t-elle.

Pour Jean-Yves Cottin, chercheur et vice-président de l’Université, « ce qui est en jeu, c’est l’avenir des petites universités en province ».

Réservé sur la réforme Pécresse, il estime cependant que les « bloqueurs » se font « les alliés objectifs de ceux qui voudraient qu’il ne reste qu’une quinzaine de grand pôles universitaires en France, et rien d’autre ».

© 2009 AFP

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