repression 14mai université jean monnet

Des incidents violents ont éclaté hier matin entre des étudiants bloqueurs, et des étudiants non-bloqueurs empêchés d’entrer à l’université. Les CRS ont procédé à l’expulsion des derniers bloqueurs retranchés à l’intérieur

<!–
OAS_AD(‘Position1’);
// –>

Hier à 17 heures, à l’issue d’une journée placée sous haute tension, les policiers de la CRS 48 ont investi, à partir de la rue Richard, le bâtiment principal du site Tréfilerie dans lequel s’étaient retranchés, depuis le matin, soixante à soixante-dix étudiants bloqueurs. Ils se sont ensuite rendus dans la salle où étaient rassemblés les étudiants.

« Ils nous ont demandé de sortir de notre plein gré, explique par la suite un jeune étudiant bloqueur, épuisé par les événements de la journée. On n’a pas bougé, on s’est laissé porter. Nous avons résisté pacifiquement et chanté la Marseillaise ».

C’est par petits groupes, par les différentes portes d’accès au bâtiment situé entre la rue du 11-Novembre, et la rue Tréfilerie que les étudiants, après vérification d’identité sortent. Sous les applaudissements de leurs camarades, qui scandent, en frappant dans leurs mains « La faculté, on s’est battu pour qu’elle le soit, on se battra pour qu’elle le reste, publique ! ». Une évacuation sans heurt qui met un terme à la journée la plus dure depuis le début du mouvement en janvier dernier. Mardi en effet, lors de l’assemblée générale, à laquelle participaient environ 300 étudiants, les présents votent le blocage, et dans la foulée, entassent des bureaux, des chaises, et autres objets, devant les différentes portes d’entrée des locaux. Hier matin, lorsque les étudiants non bloqueurs veulent aller en cours, ils se heurtent à ces barricades hétéroclites. Les choses s’enveniment, des objets sont lancés, et les étudiants non bloqueurs sont même arrosés de substances nauséabondes, et de poudre d’extincteur. La police intervient alors pour sécuriser le site, et éviter que ces heurts ne dégénèrent. Très vite, les étudiants bloqueurs comprennent qu’ils risquent une expulsion manu militari. L’attente s’installe alors avec d’une part les bloqueurs qui prennent place dans le patio de la faculté, tandis qu’à l’extérieur, alors que toutes les issues sont surveillées par les policiers, la tension monte entre les anti et les pro-blocage.

En début d’après-midi, une vingtaine de véhicules de CRS prennent place sur le parking de la maison de l’armée. Ce n’est qu’à 17 heures que ces véhicules se déplacent pour lancer l’opération d’évacuation des lieux. L’intervention a duré tout juste une heure. « Ça peut être une victoire, commente Dimitri Paraskevaides, porte-parole des étudiants bloqueurs, car on a fait en sorte que le blocage soit respecté, et que beaucoup de gens solidaires du mouvement, sont venus nous soutenir. Côté négatif, on s’est fait déloger de façon physique, et surtout la décision de blocage, adoptée en assemblée générale, n’est pas respectée ».

Christine Colomb

ccolomb@leprogres.fr

« Si la situation en est arrivée à ce point, c’est la faute du ministère qui nous méprise »

Dimitri paraskevaides

Étudiant en 1re année de sociologie, porte-parole des étudiants grévistes

« Mardi nous avons revoté le blocage, et tous les étudiants étaient parfaitement au courant de la tenue de cette assemblée générale. On nous reprochait de tenir nos assemblées générales les jours de cours, nous l’avons donc organisée mardi, pendant une journée « banalisée ». Si nous avons proposé un nouveau vote concernant le blocage, c’est parce que les accords du CEVU, adoptés par les étudiants grévistes et la présidence, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de cours pendant les journées banalisées, qu’il n’y ait pas de sanction pour les grévistes, et qu’un calendrier pour les partiels soit mis en place afin que les étudiants grévistes ne soient pas pénalisés par rapport aux autres, n’ont pas été respectés par certains enseignants.

Le comité de grève a décidé de respecter les décisions votées lors de l’assemblée générale, on a donc décidé le blocage jusqu’à la prochaine AG (lundi). Si la situation en est arrivée à ce point, c’est la faute au ministère, qui a eu une attitude de mépris à notre égard, et qui est resté sourd à nos revendications.

Jamais un mouvement de grève n’a été aussi long, et je comprends parfaitement que des personnes puissent penser à des actions plus radicales, comme aujourd’hui. Mais nous n’excluons pas la poursuite du mouvement en septembre, cela dépendra de la position du gouvernement. »

Une décision difficile à prendre

« Il y a eu des affrontements violents ce matin, qui auraient pu dégénérer, c’est pour cela que la police est intervenue » commente Khaled Bouabdallah, président de l’Université Jean-Monnet. La décision a ensuite été prise de faire intervenir la force publique. « Une décision ni simple, ni facile à prendre » poursuit Khaled Bouabdallah, qui espérait bien ne pas arriver à cette extrémité. « On avait trouvé un juste fonctionnement, permettant la tenue des cours et des examens, satisfaire les grévistes avec deux demi-journées banalisées, un rattrapage des cours, négocié avec tout le monde. Mais cet accord n’a pas été respecté, car l’esprit de cet accord voulait que l’on sorte de l’idée de blocage, et cette idée de blocage est revenue à chaque fois ». Pas question pourtant de se résigner. « On a un programme de cours et d’examens à mener à terme. Nous allons continuer à assurer cette mission. »

« Il était nécessaire de rendre la faculté aux étudiants… Il y a eu assez de dégâts »

Ugo Chauvin

Étudiant en 3e année de droit, et membre du Conseil d’administration de l’Université

« Mardi, beaucoup d’étudiants ne se sont pas rendus à l’assemblée générale, organisée lors d’une journée « banalisée », car ils travaillent chez eux pour rattraper le retard pris par plusieurs semaines de grève.

Quand on a vu qu’il y avait si peu de monde à l’assemblée générale, on ne pensait pas qu’ils proposeraient un vote. Et ils font voter le blocage à 150 voix pour, 118 contre. Ce matin (mercredi), nous avons essayé de rentrer dans les locaux, à partir de 7 heures 30, mais tout était bloqué par des tas de tables et de chaises. On a essayé de passer en force, et il y a eu des jets d’objets, de produits nauséabonds, un étudiant non-bloqueur a même été blessé avec le contenu d’un extincteur. Nous avons d’ailleurs filmé la scène. Plusieurs personnes ont déposé des plaintes pour violence, et nous condamnons ces violences. Quant à l’intervention de la police, je suis plutôt satisfait. Il fallait que cette intervention ait lieu, pour que les gens aillent en cours. Elle aurait dû avoir lieu avant. Il était nécessaire de rendre la fac aux étudiants. Tant que je peux aller en cours, c’est l’essentiel.

Il y a eu assez de dégâts comme cela. On nous fait passer pour des méchants, alors qu’on veut juste aller en cours. L’année prochaine, avec d’autres étudiants de troisième année, je fais transférer mon dossier dans une autre université.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :