12-13mai; crise université UJM—>1200étudiants–> légitimité?

150 étudiants

ntsécnt de rebloquer l’Université de Saint-Étienne

le 13.05.2009 06h00

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2/2 – Hier, 15 heures, Université Jean-Monnet. Trois cents étudiants sont réunis pour se prononcer sur la suite à donner au mouvement / Claude Essertel

Hier, moins de 300 étudiants ont participé à l’assemblée générale sur le site Tréfilerie. Cent cinquante voix ont suffi pour voter à nouveau le blocage de l’Université Jean-Monnet. La tension est plus que jamais palpable

Il est 15 heures, hier, dans l’amphithéâtre de l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne. Un peu moins de 300 étudiants sont venus assister à cette nouvelle assemblée générale. Ils sont là pour se prononcer sur la suite à donner au mouvement. Mais ils sont bien moins nombreux que les semaines précédentes. À peine 300, ce mardi.

Le débat s’instaure entre les étudiants qui prennent tour à tour la parole. Au micro, l’un d’eux questionne : « Qu’y a-t-il de bon dans ces réformes ». Il n’y a pas grand-monde pour répondre dans un amphi visiblement hostile à la réforme. La réponse tombe : « Les réformes permettent aux riches et aux gosses de riches d’avoir plus d’avantages et je comprends que ce soit dur à assumer ». Le ton est donné. C’est vrai qu’il y a bien peu de monde pour défendre le projet gouvernemental. « Et s’il y a personne pour répondre, c’est que cette mobilisation est juste », lance un étudiant. « Vous faites de la victimisation », se hasarde un jeune. « Y’a pas que des gauchistes qui bloquent. Moi je suis du Modem », réplique un autre. Mais des interrogations sur l’avenir font jour. « Que va-t-il se passer l’année prochaine. Maintenant qu’on a commencé, autant continuer ». Il y a du bruit, beaucoup de bruit dans l’amphi. Chacun prend la parole. Tout en haut, Marlène semble désabusée. « C’est pas les conditions idéales pour étudier. On a manqué pas mal de cours et on ne veut pas en payer les frais ». Pour Aurélie, « l’année n’est pas complètement fichue, même si on a perdu deux mois de cours ».

Il est proposé aux étudiants deux scrutins : l’un pour la poursuite de la grève ; l’autre pour la poursuite du blocage de l’Université. Le scrutin a lieu à main levée. 155 étudiants se prononcent pour la poursuite de la grève ; 88 sont contre et 5 s’abstiennent. Même chose pour le blocage de l’université : 150 y sont favorables ; 118 se prononcent contre et 2 s’abstiennent. C’est fait : le blocage est à nouveau décidé. Tout le monde se lève. En haut de l’amphithéâtre, c’est la colère pour quelques étudiants qui crient au scandale : « C’est pitoyable. Avant, on était 1 000 à décider. On est à peine 300, scande Audrey. 300 sur 4 000 étudiants, c’est antidémocratique et on nous impose ces décisions », poursuit la jeune fille. « Tous les étudiants sont contre le blocage, lance à son tour Pauline. Ceux qui ne sont pas là, sont ceux qui révisent chez eux et qui anticipent les examens. L’année prochaine, ça sera la même chose. Oui, notre année est foutue et bien foutue. On ne peut pas tolérer une assemblée générale à 300 et laisser 150 étudiants bloquer une université ». Audrey est hors d’elle : « Nos ancêtres se sont battus pour mettre fin à une dictature par le droit de grève. Maintenant, c’est par de droit de grève qu’on nous impose une dictature ». À l’université, si les étudiants semblent moins mobilisés, c’est pourtant bien le blocage qui a été une nouvelle fois voté hier par 150 étudiants bien décidés à faire échec à la réforme du gouvernement.

Frédéric Paillas

questions a

Khaled Bouabdallah

Président

de l’université

de Saint-Etienne

« Nous ferons tout pour que les examens aient lieu »

Les étudiants viennent à nouveau de voter le blocage. Cela remet-il définitivement en cause la fin d’année ?

Précisons tout d’abord que seuls 150 étudiants ont voté le blocage, contre 118 et 2 abstentions, non pas de l’Université, mais du seul campus Tréfilerie. La moitié de nos composantes pédagogiques n’a jamais été touchée par le mouvement en cours. Il faut s’interroger sur la portée du résultat de ce jour, reflétant l’opinion de 150 étudiants sur 7 000 concernés. Qu’en pensent les 6 850 autres ? Sont-ils prêts à accepter ce vote ? Mon sentiment me fait penser que non.

Les assemblées générales qui réunissent 1 200 à 1 500 étudiants peuvent se prévaloir d’une certaine légitimité. On est aujourd’hui très loin de ces chiffres… Et j’ose à peine évoquer les résultats que l’on m’a transmis d’une soi-disant assemblée « générale » tenue ce mardi à la faculté des Sciences de la Métare, qui aurait voté le blocage par 5 voix contre 3 et 1 abstention ! Je livre ces informations parce qu’elles sont nécessaires au débat public. L’immense majorité des étudiants n’a pas les moyens de perdre une année universitaire, ou même seulement un semestre. Pour ces étudiants en particulier, nous n’avons pas le droit de ne pas faire tout ce qu’il est possible de faire pour que leurs études ne soient pas entravées.

Les examens pourront-ils se dérouler normalement ?

Nous ferons tout pour que les examens aient lieu. Je respecte le choix des étudiants qui, éventuellement, à titre individuel, décideraient de boycotter les examens pour manifester leur opposition à une politique nationale qu’ils contestent, mais je ne leur reconnais pas le droit de mettre en danger l’avenir de leurs camarades qui entendent bien valider leur année universitaire et ne pas hypothéquer la suite de leurs études.

Si le blocage doit se poursuivre, quelles mesures pourriez-vous prendre ?

Mon rôle est de veiller à ce que les choses se passent au mieux, sans violence, en évitant que les tensions ne dégénèrent. Je prendrai en ce sens les mesures pour sauver l’année universitaire et défendre les intérêts de tous nos étudiants.

Recueilli par

Frédéric Paillas

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