lettre président UJM 25mars 2009

« je peux comprendre que des collègues et des étudiants entendent rester mobiliser compte tenu du déficit de confiance qui s’est installé entre le ministère et le monde de l’université et de la recherche. »

Saint Etienne le 25 mars 2009

Cher-e-s collègues L’UJM a été l’une des premières universités françaises à se mobiliser pour dénoncer la baisse des moyens et les projets de textes règlementaires sur le statut des enseignants chercheurs et sur la mastérisation des métiers de l’enseignement, lors d’un vote unanime du Congrès qui s’est réuni à ma demande le 13 janvier matin. Dès la fin du mois de janvier, de nombreux enseignants ont décidé de ne pas transmettre leurs notes à l’administration et de nombreux jurys n’ont pas pu se tenir. A la rentrée du second semestre, plusieurs composantes ont été affectées par des suspensions de cours et des mouvements de grève d’étudiants, en particulier sur Tréfilerie. En Lettres, en SHS et en Droit, la très grande majorité des cours n’a pas pu avoir lieu depuis 6 à 7 semaines. Depuis trois semaines le mouvement de blocage des cours affecte aussi la Faculté des Sciences. Le mouvement de contestation d’ampleur nationale a permis certaines avancées en particulier ces derniers jours. Sur les trois points originels de la contestation d’une grande partie de la communauté universitaire, des progrès, certes limités, ont été accomplis. Pour ce qui concerne l’allocation des moyens en personnels, le 1er Ministre s’est engagé à suspendre la suppression des postes en 2010 et 2011 et les moyens financiers de compensation des pertes d’emplois seront inscrits de façon récurrente dans le budget des universités à partir du budget 2009 ; sur la réforme du statut des enseignants chercheurs, une grande partie des dispositions contestées ont été retirées : la modulation des services, qui se fera sur la base des expertises nationales qui seront confiées au CNU, ne pourra pas se faire contre l’avis de l’enseignant-chercheur ; par ailleurs, les promotions resteront fixées à 50 % par le CNU et 50 % par l’établissement, mais sur la base des avis du CNU ; sur la mastérisation, le Ministre de l’Education Nationale a récemment annoncé le maintien en l’état des concours pour l’année 2010, ce qui devrait donner aux partenaires le temps d’une véritable négociation demandée depuis longtemps. Je ne souhaite pas entrer dans le détail, parfois complexe, des modifications obtenues sur les différents projets gouvernementaux. Pour ma part je considère qu’elles sont significatives, même si je peux comprendre que des collègues et des étudiants entendent rester mobiliser compte tenu du déficit de confiance qui s’est installé entre le ministère et le monde de l’université et de la recherche. Je m’interroge, moi aussi, avec d’autres Présidents d’université, sur la sincérité de certaines déclarations publiques. Cependant, c’est un impérieux devoir pour moi, en tant que Président de l’Université Jean Monnet, responsable en dernière instance de la délivrance des diplômes, de vous rappeler ce qui est en jeu du fait des formes d’actions choisies. Il n’est ni envisageable, ni souhaitable, de délivrer des diplômes sans qu’un enseignement significatif ait pu se tenir, c’est-à-dire un enseignement qui ait pu se dérouler sur un minimum de semaines et de jours d’enseignement. Il n’est pas possible de prolonger l’année universitaire sur la période des vacances d’été, ce qui aurait pour conséquence d’empêcher les personnels administratifs de prendre les congés auxquels ils ont droit et une grande partie des étudiants d’occuper des emplois d’été indispensables pour financer les études de certains d’entre eux. Par ailleurs, les étudiants étrangers, qui représentent 10% de nos effectifs, sont dans des situations critiques, notamment financières, sur lesquelles notre Service des Relations Internationales m’alerte depuis plusieurs semaines. Dans l’évolution sur le long terme de l’enseignement supérieur et de la recherche, les universités moyennes et omni-disciplinaires comme la nôtre sont les plus fragiles et plusieurs filières pourraient disparaître faute d’étudiants. Notre existence comme université de plein exercice et omni-disciplinaire passe par une stabilisation de nos effectifs, le maintien de nos diplômes et le renforcement de notre potentiel scientifique. Je crains que nous n’ayons à payer plus que d’autres, en raison des caractéristiques de notre établissement, les contrecoups d’un mouvement légitime mais dont la radicalisation des modes de mobilisation met en péril notre avenir. Pour ces raisons, une reprise des activités pédagogiques me semble vivement souhaitable afin que les étudiants puissent valider leur semestre et leur année. Si la mobilisation devait continuer à l’UJM, je demande à chacun d’être bien conscient de ses responsabilités et de réfléchir à des formes d’action alternatives à la suspension complète des cours.

Je vous prie de croire, cher-e-s collègues, à mon total dévouement. K. BOUABDALLAH

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