« la république, les religions, l’espérance », Mr Sarkozy, 2004

http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=295#nb1

Le Sarkozy sans peine
Vol. 1 : la république, les religions, l’espérance


par Richard Monvoisin

L’histoire

Le livre de Nicolas Sarkozy « La République, les religions, l’espérance » édité en 2004 aux Éditions du Cerf m’a été envoyé par l’AFIS (Association française pour l’information scientifique [1]) en vue d’une fiche de lecture d’une demie page que je m’étais proposé de rédiger. Cette demie page n’a jamais vu le jour, pour deux raisons très simples.
D’abord, à moins de faire partie de ces fast-thinkers qui servent de la fast-culture, il est des sujets pour lesquels une restriction formelle (la demie page) allège tellement le propos qu’il vaudrait mieux s’abstenir. En l’occurrence, parler de l’homme politique français le plus en vogue et de son avis sur les religions sur un minuscule bout de papier relèverait soit d’une fumisterie, soit d’une minuscule police de caractère – et j’ai pensé que parler du chef de la police au grand caractère avec une petite police de caractère eut été un comble. Hum.

Ensuite, ayant décidé de ne pas voter tant que les processus électoraux français, que je trouve biaisés, outrageusement mensongers et déresponsabilisants n’auront pas un tant soit peu évolués, je n’ai pas accès à la bonne conscience empreinte de bonhomie du citoyen, sortant craintif mais satisfait de sa séance quinquennale de scrutin. Alors pour être en cohérence avec mes opinions, je préfère exercer le petit peu d’influence politique dont ce gouvernement me laisse l’usage, sans être trop dupe pour autant : cette marge de manœuvre relève moins d’une quelconque bienveillance envers moi que d’un simple manque de moyens de contrôle.

Et puis je suis né dans un pays très riche, je n’ai jamais manqué de nourriture, d’électricité ou d’eau, j’ai encore mes deux bras et mes deux jambes, j’ai été à l’école et j’ai été soigné. Je me dis qu’au nom de tous les cousins, toutes les cousines du reste du monde dont une grande partie crève doucement la bouche ouverte en regardant nos sitcoms, et dont les conditions de vie dépendent en grande partie des décisions politiques qui émanent de chez nous, si moi je n’ouvre pas ma gueule, je ne vois pas qui le fera. Surtout qu’ayant la capacité de pouvoir lire assez vite et de posséder un petit bagage analytique, il était dans mes cordes d’ébaucher une critique sur le dernier livre de celui qui sera certainement notre suprême représentant : ne serait-ce que pour tenter de faire achopper cette prédiction.

Au fait : je ne remercierai personne de toutes celles et tous ceux qui m’ont aidé, au cas où malheureusement cette prédiction n’achoppe pas.

La méthodologie

Voici comment je m’y suis pris.

1er soir : je lis le livre, en poussant des ooh, des aah, et en annotant la marge

2e soir : je relis (plus vite) en axant mon jugement sur la distinction thèses / argumentations

3e soir : je recopie les phrases-clés des propos de Nicolas Sarkozy, et je les ordonne par thème (ce que j’ai appelé ensuite les maillons).

4e soir : j’opère une recherche sur Internet sur les éditions du Cerf, et sur Messieurs Rollin et Verdin, qui menèrent l’entretien avec le ministre.

5e, 6e et 7e soir : je tente de rendre intelligibles mes propos (étape la plus difficile)

8e soir : je le donne à lire à quelques commères et compères.

Je laisse mijoter deux mois, je relis, et voilà.

En guise d’introduction, voici la page de présentation du livre sur le site des Éditions du Cerf :

« Avec ce livre, Nicolas Sarkozy affronte l’un des tabous de la société française : la place des religions dans la République. Il aborde sans complexes le défi de l’islam comme religion en France, la construction des mosquées, le foulard à l’école et dans l’administration, le radicalisme de certains imams, l’élan religieux des jeunes générations, la formation des prêtres, les relations avec le Vatican, l’anticléricalisme, le contrôle des sectes, l’enseignement du fait religieux, les violences racistes qui prennent pour prétexte des appartenances religieuses… Sur toutes ces questions, Nicolas Sarkozy s’engage. Il souhaite inventer une laïcité ouverte et apaisée, où chacun, quels que soient sa foi ou ses doutes, puisse vivre son espérance et participer à la construction de la société démocratique. Dans la liberté de la conversation, le lecteur découvre un homme qui parle de la République, de la foi, de ses rencontres avec des figures spirituelles qui l’ont marqué, des convictions qu’il veut transmettre à ses enfants. L’autorité de l’auteur et l’urgence des thèmes abordés font de cet ouvrage une contribution majeure à la réflexion sur les valeurs fondatrices de la République et l’avenir de la laïcité française. »

La trame

J’ai découpé en 11 maillons distincts la chaîne de raisonnement que Nicolas Sarkozy (NS) me semble suivre. Je trouvais l’image de la chaîne charmante pour l’occasion. Ce découpage est certainement discutable, je l’ai d’ailleurs retouché deux fois. Je vais tenter d’illustrer chacun de ces maillons par les propos de Monsieur Sarkozy, puisés dans le livre, puis d’émettre quelques pistes critiques qui n’engagent, bien évidemment que moi et les générations futures.

Chaîne de raisonnement de Nicolas Sarkozy

1er maillon : les immigrés musulmans ont perdu (ou risquent de perdre) leurs racines culturelles.

2e maillon : perdre ses racines culturelles mène à la désespérance : on le constate bien dans les banlieues (sous-entendu : les immigrés désespérés habitent les banlieues).

3e maillon : l’athéisme est à proscrire, car cela enlève l’espoir.

4e maillon : or, le manque d’espoir mène à l’intégrisme (sous-entendu, les banlieues en sont le lit).

5e maillon : la religion est un excellent vecteur de sens moral.

6e maillon : introduire des lieux de culte dans les banlieues est une solution de garantie de la non-désespérance, et donc de la mort de l’intégrisme.
Aparté : quelques propos étranges

7e maillon : l’État doit pour cela user d’un processus de laïcité active pour promouvoir le développement des institutions de culte (et y distiller le sens moral souhaité).

8e maillon : le maintien de l’ordre public est la condition d’exercice des libertés.

9e maillon : l’État garantit l’exercice de la liberté de culte mais tant que l’ordre public n’est pas troublé.

10e maillon : la promotion des institutions cultuelles ne débordera pas des religions « d’État », le reste n’étant que sectes.

11e maillon : il faut savoir « raison garder » – comme pour la Turquie dans l’Europe.
En bonus : Quelques inclassables
Les co-auteurs
Annexe : interview de Fiammetta Venner

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