la croix; rappel article campus juin2008

Valérie Pécresse : « Les dix nouveaux campus serviront de locomotives »

Valérie Pécresse entend donner aux universités une « visibilité internationale » grâce à l’opération Campus

Entretien avec Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche

La Croix : A quoi doivent ressembler les campus de demain ?

Valérie Pécresse : Bâtir une université, c’est bâtir un lieu de vie. Quand on construit des bâtiments de recherche ou d’enseignement, il faut introduire tout autour du logement étudiant et amener de la convivialité. Il s’agit aussi de favoriser des rapprochements avec les grandes écoles et les organismes de recherche. C’est pourquoi, dans le cadre de cette opération Campus, nous avons retenu quatre critères : l’ambition scientifique et pédagogique, la vie de campus, l’urgence de la situation immobilière et le caractère structurant du projet pour son territoire.

Pourquoi ne sélectionner que dix projets ?

Parce qu’il faut à tout prix éviter de poursuivre le saupoudrage des crédits. L’ambition, c’est de faire émerger des pôles à visibilité mondiale, qui structureront notre paysage universitaire et lui donneront davantage de cohérence. Pour cette raison, d’ailleurs, nous privilégierons des projets interuniversitaires, permettant de dépasser les querelles de frontières et d’éviter les doublons.

Pourquoi prévoir une sélection en deux temps ?

Certaines universités viennent tout juste d’élire leur président et n’avaient pas beaucoup de temps pour répondre à l’appel d’offres de l’opération Campus . Nous avons donc décidé de sélectionner au maximum six candidatures aujourd’hui, puis les autres à la mi-juillet. Ce délai supplémentaire permettra aussi d’améliorer certains projets non retenus au premier tour.

Celui de Saclay, dans l’Essonne, auquel Nicolas Sarkozy tient beaucoup ?

Saclay ne sera pas présenté en première session parce qu’il a été très difficile de mettre ensemble autour de la table tous les acteurs de ce site. Nous ne voulions pas que ceux-ci déposent cinq ou six projets concurrents… Nous attendons désormais un projet unique.

Ne risque-t-on pas de voir émerger un système universitaire à deux vitesses, avec, d’un côté, 10 campus à visibilité internationale, et de l’autre, une foule d’universités à la traîne ?

Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un système à 85 vitesses (NDLR : la France compte 85 universités). Et ce morcellement est terriblement préjudiciable à la visibilité de notre enseignement supérieur. Créer des pôles à vocation mondiale doit permettre d’améliorer la qualité de la recherche et de dessiner une carte des formations cohérente. Ces dix nouveaux campus doivent servir de locomotives pour l’ensemble des universités.

Les universités non sélectionnées disposeront-elles de crédits suffisants pour moderniser leur patrimoine immobilier, avant d’en prendre éventuellement le contrôle, comme le leur permet la loi d’autonomie ?

L’opération Campus profitera à l’ensemble des universités. Celles qui seront sélectionnées se partageront les ressources exceptionnelles de 5 milliards d’euros provenant de la vente d’une partie du capital d’EDF. Ce qui libérera des marges de manœuvre budgétaires pour les universités qui n’auront pas été retenues.

Recueilli par Denis PEIRON

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