qq réactions rapides après le discours du 14 dec 2009

décembre 15, 2009

Le maire socialiste de Paris : « Ce n’est pas en déshabillant Paris qu’on va habiller Saclay. Si telle était l’intention du Président, ce serait vraiment très grave. Il s’agit d’un empilement d’écoles d’ingénieurs à Saclay, le contraire des modèles ayant rencontré le succès à l’échelle mondiale. »

Henri Emmanuelli, député socialiste des Landes : « Cet emprunt ne pourra à lui seul pallier les déficits cumulés d’investissement de l’Etat en matière d’infrastructures et de recherche. Il atteste de la justesse de l’analyse des socialistes qui ont dénoncé, dès le début, l’insuffisance du plan de relance. »

Mickaël Marie, secrétaire national adjoint des Verts : « Le montant réel s’établit à 22 milliards d’euros, soit bien moins qu’annoncé il y a encore quelques mois à grand renfort de trompettes. Les idées semblent avoir été piochées dans un catalogue d’idées à la mode, sans véritable ligne directrice ni cohérence entre elles. On est loin des mesures à même de satisfaire à la conversion écologique de l’économie et des activités. »

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une phrase de Sarkozy « grand emprunt » du 14 dec 2009

décembre 15, 2009

“Notre objectif est très simple : nous voulons les meilleures universités du monde. Nous allons leur donner les moyens de l’excellence. Pour la première fois, elles bénéficieront de ressources pérennes, en pleine propriété.”

« le principe de sélectivité » ou principe d’inégalité extrême

décembre 15, 2009

Ref: http://www.lesechos.fr/pme/patrimoine/300395702-grand-emprunt-sarkozy-appuie-juppe-et-rocard.htm

 » Je crois que nous avons tapé juste. « Au sortir d’une table ronde organisée hier dans le Bas-Rhin devant 800 personnes, Michel Rocard était satisfait de ses échanges publics avec N Sarkozy  sur les investissements préconisés par la commission qu’il a coprésidée avec Alain Juppé. Si le chef de l’Etat doit dévoiler ses arbitrages précis lundi, il a confirmé hier qu’il entendait reprendre les grandes lignes du rapport Juppé-Rocard, à commencer par l’ordre de grandeur du montant de l’effort public (35 milliards). Il a hier appuyé la priorité donnée à l’innovation et aux universités en soutenant le principe de sélectivité, qui suscite des débats dans la communauté universitaire : on ne va  » pas diviser l’argent «  à parts égales aux plus de quatre-vingts universités, a insisté Nicolas Sarkozy, qui veut  » primer les équipes qui en veulent le plus, qui bougent le plus « .

conférence de presse de Sarkozy sur Emprunt-Université du 14 décembre 2009

décembre 14, 2009
Cette conférence de Presse  a duré 23 minutes.
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Apres les PRES, CAMPUS, PES…, le principe est de faire des « champions » et de ne mettre l’argent que sur 10 métropoles. Le reste du territoire devra se débrouiller.
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voir le rapport Juppé:
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Et comme tout pouvoir suprême, le Président s’est voulu au centre. Entre Henri Guaino, grand prêtre de l’emprunt, et le couple Juppé-Rocard, soucieux, voire obsédé (surtout le second) par les finances publiques. La conférence présidentielle sur l’emprunt a ainsi réussi le prodige de consacrer davantage de temps au … déficit public qu’à l’usage du grand emprunt, qui, il est vrai, avait été largement éventé dans les médias ces derniers jours.

Le Grand Emprunt a donc été rapetissé. Non seulement sur le plan du total de l’argent public investi (35 milliards quand Guaino et 61 députés espéraient 100milliards), mais aussi par les modalités. Ainsi le premier poste d’investissements, à savoir les universités, est consacré en majorité à la dotation à des Fondations universitaires, soit 8 des 13 milliards d’€ consacré à cet investissement. Or, il s’agit d’une dotation en capital. Ce qui pose trois questions :
1) L’argent effectivement investi dans les universités en 2010 ou en 2011 par exemple, ne sera donc pas de 13 milliards mais de 5 milliards auxquels s’ajouteront les intérêts des 8 milliards des fondations, soit au maximum 400 millions d’euros (si on fait l’hypothèse d’un rendement de 5%, très difficile à garantir). Un chiffre qui imposerait davantage d’humilité….

2) Compte tenu des pertes considérables de certaines grandes universités américaines (comme Harvard par exemple), fauchées par la crise financière à cause de placements aventureux, on aurait aimé un mot du Président (ou une question d’un journaliste) sur le mode d’emploi des placements des futures fondations : qui conseillera les présidents d’université,qui n’ont pas tous une formation financière ? Quelles seront les garanties prises pour éviter toute aventure financière ?

3) Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il attendait des entreprises qu’elles surenchérissent sur les investissements publics consacrés aux universités. Il a pris exemple sur ce qui passe à Harvard par exemple. Mais la France n’est pas l’Amérique, quelle que soit l’affection que lui porte le Président, et on peut douter, surtout en pleine crise, que les dirigeants d’entreprises françaises, habituées à ce que l’investissement recherche et formation soit conduit par l’état accompagne ce dernier dans son effort.