mon coup de coeur de la rentrée: “le grand aveuglement” de Charles Enderlin publié chez Albin Michel

octobre 26, 2009 par stef2cnrs

► Le grand aveuglement – par Charles Enderlin – Albin Miche – 378 p. 20,90€.
Charles Enderlin et un général israélien à une conférence de presse en novembre 2000 (Havakuk Levison/Reuters).

C’est l’histoire d’un « grand aveuglement » historique lourd de conséquences. Le journaliste Charles Enderlin raconte dans un nouveau livre l’histoire des liaisons dangereuses entre Israël et « l’irrésistible ascension de l’islam radical » palestinien : un fait connu, mais auquel il apporte des témoignages et des documents montrant comment l’Etat hébreu a laissé grandir son pire ennemi d’aujourd’hui. Edifiant.

Jaquette du "Grand aveuglement" de Charles Enderlin (DR).Le principe est vieux comme le monde : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Depuis sa conquête des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza en juin 1967, Israël a initialement considéré que son ennemi principal était la mouvance nationaliste palestinienne sous toutes ses formes, nationaliste arabe classique à la manière de Yasser Arafat et du Fatah, ou néo-marxiste façon Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) de George Habache.

Pour mieux s’opposer à ces mouvements regroupés au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), les gouvernements successifs d’Israël et ses responsables militaires pourtant en première ligne sur le terrain de la confrontation, n’ont pas vu émerger le danger islamiste, et ont au contraire encouragé ce courant pour mieux diviser les Palestiniens et contrer les nationalistes.

Cette erreur a un prix lourd : Israël a conclu en 1993 un accord de reconnaissance réciproque avec Yasser Arafat et, malgré les échecs et les déboires du processus de paix, n’a jamais remis en cause cette relation ; Alors que le Hamas, aujourd’hui en contrôle de la bande de Gaza, n’a jamais accepté de reconnaître l’Etat hébreu dont il est devenu le principal ennemi, comme l’a montré la guerre de janvier dernier.

L’occupation fait le lit du Hamas

Conclusion de Charles Enderlin :

« Les décennies d’occupation ont fait le lit du Hamas. »

Pourquoi raconter cette histoire maintenant ? Charles Enderlin, correspondant de France2 à Jérusalem et auteur de plusieurs ouvrages aux occasions manquées de la paix au Proche Orient et aux impasses des processus de paix israélo-palestiniens, répond. (Ecouter le son)

http://asset.rue89.com/files/PierreHaski/Enderlinintro.mp3

Pour être tout à fait honnête, l’erreur d’Israël est largement partagée dans le monde. Dans les années 70, nombreux ont été les régimes qui ont encouragé les forces religieuses pour s’opposer aux « marxistes », avant de réaliser qu’ils avaient permis la naissance d’ennemis implacables. Des campus marocains aux faubourgs du Caire et d’Islamabad, le scénario a été le même.

C’est en Afghanistan et au Pakistan que cette politique a été poussée à son paroxysme, avec l’appui de la CIA américaine aux courants islamistes les plus radicaux pour s’opposer à l’armée soviétique engagée au côté du régime de Kaboul. Pour voir apparaître, dans les années suivantes, des ennemis déterminés de l’Amérique, et en particulier Al Qaeda et Oussama Ben Laden(Ecouter le son)

Dans le cas d’Israël, Charles Enderlin montre bien que l’aveuglement ne fut pas total. Les quelques voix qui ont tenté d’alerter les responsables politiques ont été marginalisées et n’ont pas été prises au sérieux. A l’image de Avner Cohen, responsable des Affaires religieuses à Gaza pendant vingt ans, qui a mis en garde contre le radicalisme religieux du Cheikh Ahmed Yassine, le fondateur du Hamas. Ou du général israélien Yitzhak Segev, gouverneur militaire de Gaza en 1979, qui tente d’alerter ses supérieurs sur le danger, sans être entendu. (Ecouter le son)

http://asset.rue89.com/files/PierreHaski/enderlinislamistes.mp3

Cette erreur historique est d’autant plus grave, du point de vue d’Israël, que, pour Charles Enderlin, l’hypothèse d’un accord de paix, un jour, entre l’Etat hébreu et le Hamas est irréaliste. (Ecouter le son)

Le plus troublant, dans ce récit, est le parallélisme qu’établit Charles Enderlin entre « le grand aveuglement » d’Israël qui donne son titre au livre, et la montée du sentiment religieux en Israël, et l’émergence d’un courant de pensée « néosioniste » qui veut remettre la religion au coeur de l’identité de l’Etat hébreu. Religieux vs religieux ? Un scénario qui rend une solution pacifique plus insaisissable encore. Le livre ne répond pas à cette question, mais en fournit la trame inquiétante.

ref: http://www.rue89.com/2009/10/25/quand-israel-pensait-que-les-islamistes-etaient-ses-allies-objectifs-123202

Décret n° 2009-1249 du 16 octobre 2009 portant création d’un traitement de données à caractère personne: la conservation et le traitement de données concernant les personnes mentionnées à l’article 1er et relatives à des activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales.

octobre 18, 2009 par stef2cnrs
JORF n°0242 du 18 octobre 2009 page 17244
texte n° 6
DECRET
Décret n° 2009-1249 du 16 octobre 2009 portant création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique

NOR: IOCD0918274D

Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales,
Vu le code de procédure pénale, notamment son article 777-3 ;
Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment le II de son article 26 ;
Vu la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 modifiée d’orientation et de programmation relative à la sécurité, notamment son article 17-1 ;
Vu le décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 modifié pris pour l’application du I de l’article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ;
Vu l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés en date du 11 juin 2009 ;
Le Conseil d’Etat (section de l’intérieur) entendu,
Décrète :

Article 1

Le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en œuvre un traitement de données à caractère personnel, intitulé « Prévention des atteintes à la sécurité publique », ayant pour finalité de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent des personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique.
Ce traitement a notamment pour finalité de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent les personnes susceptibles d’être impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu urbain ou à l’occasion de manifestations sportives.

Peuvent être enregistrées dans le traitement, dans le respect des dispositions de l’article 6 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée et dans la stricte mesure où elles sont nécessaires à la poursuite de la finalité mentionnée à l’article 1er, les catégories de données à caractère personnel suivantes :
1° Motif de l’enregistrement ;
2° Informations ayant trait à l’état civil, à la nationalité et à la profession, adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
3° Signes physiques particuliers et objectifs, photographies ;
4° Titres d’identité ;
5° Immatriculation des véhicules ;
6° Informations patrimoniales ;
7° Activités publiques, comportement et déplacements ;
8° Agissements susceptibles de recevoir une qualification pénale ;
9° Personnes entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec l’intéressé.
Le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de la photographie.

Article 3

L’interdiction prévue au I de l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 s’applique au présent traitement.
Par dérogation, sont autorisés, pour les seules fins et dans le strict respect des conditions définies au présent décret, la collecte, la conservation et le traitement de données concernant les personnes mentionnées à l’article 1er et relatives :
― à des signes physiques particuliers et objectifs comme éléments de signalement des personnes ;
― à l’origine géographique ;
― à des activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales.

Il est interdit de sélectionner dans le traitement une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules données.

Article 4

Les données mentionnées aux articles 2 et 3 ne peuvent être conservées plus de dix ans après l’intervention du dernier événement de nature à faire apparaître un risque d’atteinte à la sécurité publique ayant donné lieu à un enregistrement.

Article 5

Les données mentionnées aux articles 2 et 3 ne peuvent concerner des mineurs que s’ils sont âgés d’au moins treize ans et sont au nombre des personnes mentionnées à l’article 1er. Ces données ne peuvent alors être conservées plus de trois ans après l’intervention du dernier événement de nature à faire apparaître un risque d’atteinte à la sécurité publique ayant donné lieu à un enregistrement.

Dans la limite du besoin d’en connaître, y compris pour des enquêtes administratives prévues par le premier alinéa de l’article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 susvisée, sont autorisés à accéder aux données mentionnées aux articles 2 et 3 :
1° Les fonctionnaires relevant de la sous-direction de l’information générale de la direction centrale de la sécurité publique, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur central de la sécurité publique ;
2° Les fonctionnaires des directions départementales de la sécurité publique affectés dans les services d’information générale, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur départemental ;
3° Les fonctionnaires de la préfecture de police affectés dans les services chargés du renseignement, individuellement désignés et spécialement habilités par le préfet de police.
Les fonctionnaires des groupes spécialisés dans la lutte contre les violences urbaines ou les phénomènes de bandes, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur départemental de la sécurité publique ou par le préfet de police, sont autorisés à accéder aux données mentionnées aux articles 2 et 3 relevant de la finalité mentionnée au deuxième alinéa de l’article 1er.
En outre, peut être destinataire des données mentionnées aux articles 2 et 3, dans la limite du besoin d’en connaître, tout autre agent d’un service de la police nationale ou de la gendarmerie nationale, sur demande expresse précisant l’identité du demandeur, l’objet et les motifs de la consultation. Les demandes sont agréées par les responsables des services mentionnés aux 1° à 3°.

Article 7

Les consultations du traitement automatisé font l’objet d’un enregistrement comprenant l’identifiant du consultant, la date, l’heure et l’objet de la consultation. Ces informations sont conservées pendant un délai de cinq ans.
Sont conservées pendant le même délai les demandes mentionnées au dernier alinéa de l’article 6.

Article 8

Le traitement ne fait l’objet d’aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d’autres traitements ou fichiers.

Conformément aux dispositions de l’article 41 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le droit d’accès aux données s’exerce auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
Le droit d’information prévu au I de l’article 32 et le droit d’opposition prévu à l’article 38 de la même loi ne s’appliquent pas au présent traitement.

Le traitement mis en œuvre en application du présent décret est soumis au contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés dans les conditions prévues à l’article 44 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée.
En outre, le directeur général de la police nationale présente chaque année à la Commission nationale de l’informatique et des libertés un rapport sur ses activités de vérification, de mise à jour et d’effacement des données enregistrées dans le traitement, notamment celles relatives aux mineurs mentionnés à l’article 5. Ce rapport annuel indique également les procédures suivies par les services gestionnaires pour que les données enregistrées soient en permanence exactes, pertinentes et non excessives au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées.

Article 11

A l’article 1er du décret du 15 mai 2007 susvisé, il est rétabli un dixième alinéa ainsi rédigé :
« 9. Décret portant création de l’application relative à la prévention des atteintes à la sécurité publique. »

Article 12

Le présent décret est applicable sur tout le territoire de la République.

Article 13

Le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 16 octobre 2009.

François Fillon

Par le Premier ministre :

Le ministre de l’intérieur,

de l’outre-mer et des collectivités territoriales,

Brice Hortefeux

Un livre: “L’université et la recherche en colère”. Un mouvement social inédit,

octobre 6, 2009 par stef2cnrs

L’université et la recherche en colère. Un mouvement social inédit, présenté par Claire Brisset

lundi 5 octobre 2009, par laurence

arton2990-5c120

L’université et la recherche en colère

Un mouvement social inédit
Claire-Akiko Brisset
Editeur : Editions du Croquant
ISBN : 978-2-9149686-1-4
368 pages - Parution : 10/2009

20.9euros

http://www.lgdj.fr/essais/228491/universite-recherche-colere

UN LIVRE

Sous la direction de Claire-Akiko Brisset, Henri Audier, Geneviève Azam, Déborah Blocker, Julia Bodin, Claire-Akiko Brisset, Isabelle Bruno, Didier Chatenay, Hélène Cherrucresco, Christian de Montlibert, Georges Debrégeas, Antoine Destemberg, Olivier Ertzscheid, Marcel Gauchet, Pierre Jourde, Christophe Mileschi, Daniel Mortier, Frédéric Neyrat, Sylvain Piron, Michel Saint-Jean, SLU (Sauvons l’Université !), Philippe Selosse, Charles Soulié, Isabelle This Saint-Jean, Alain Trautmann, Ian Vickridge

« Depuis combien de temps n’avons-nous pas un débat sur quelle était la politique scientifique de la France ? C’est quand même un sujet ! » Ainsi que l’a lui-même réclamé le 22 janvier 2009 Nicolas Sarkozy dans son discours « À l’occasion du lancement de la réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation », le débat a eu lieu. En partie suscité par ce même discours au style inimitable, il s’est tenu dans les universités, dans les laboratoires de recherche et dans la rue. Il a été conduit par des enseignants-chercheurs, des chercheurs, des personnels administratifs et techniques, par des étudiants et par des concitoyens durant des mois. Parallèlement à d’autres mouvements sociaux inédits comme la lutte contre la réforme de l’hôpital public, ses acteurs ont eu le sentiment de mener seuls ce débat. Ils se sont heurtés à un gouvernement non seulement sourd à toutes les formes de protestation, mais avant tout soucieux de priver de toute crédibilité ce mouvement de grève et de contestation unique, dans l’histoire de l’université française, par son ampleur et sa longueur. Certes, les « réformes » mises en œuvre progressivement ne datent pas d’hier, mais ce gouvernement a plus à cœur que d’autres d’accélérer le processus de marchandisation du service public, n’hésitant pas au besoin à user de mensonges flagrants, complaisamment relayés par les médias. Le but de ce livre est de rétablir quelques vérités et de permettre à des acteurs du mouvement de s’exprimer : qu’est-ce que l’université et plus généralement le monde de la recherche aujourd’hui ? Quelles sont ces « réformes » qu’on veut leur imposer et pourquoi s’y opposent-ils avec tant d’énergie ?

Claire-Akiko Brisset est maître de conférences à l’université Paris Diderot-Paris 7. Spécialiste de l’histoire de la culture visuelle japonaise classique et moderne et d’histoire de la littérature japonaise classique, elle a récemment publié À la croisée du texte et de l’image : paysages cryptiques et poèmes cachés (ashide) dans le Japon classique et médiéval, Paris, Collège de France, 2009.

Table des matières

La « guerre de l’intelligence » m’a tuer Claire-Akiko Brisset

L’autonomie des universités veut dire la mise au pas des universitaires Marcel Gauchet

Réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche  : une contre-révolution Michel Saint-Jean et Isabelle This Saint-Jean

Pour une vraie réforme de notre système d’enseignement supérieur et de recherche Alain Trautmann, Georges Debrégeas et Didier Chatenay

« Oui chef, bien chef » Christian de Montlibert

L’institution universitaire face à l’économie de la connaissance Geneviève Azam

Pour comprendre les « réformes » de l’Université et y résister, changeons d’échelle  ! La stratégie de Lisbonne et les mobilisations européennes contre le « marché de la connaissance » Isabelle Bruno

Un commentaire de texte du discours de Nicolas Sarkozy  : « À l’occasion du lancement de la réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation » (22 janvier 2009) Antoine Destemberg

L’université aux prises avec l’idéologie de la performance Sylvain Piron

Les fainéants et les mauvais chercheurs, au travail  ! Pierre Jourde

Modulation de service  : un décret au service d’une décrépitude annoncéeOlivier Ertzscheid

Réforme du statut des enseignants-chercheurs  : une période de glaciation intellectuelle commence Christophe Mileschi

La « réforme » du CNU Daniel Mortier

Une leçon pour Valérie Pécresse  : les inégalités sociales dans l’enseignement supérieur Charles Soulié

L’Université payante, dernier pan de la modernisation universitaire libéraleFrédéric Neyrat

Des pauvres plus pauvres, des riches plus riches  : les enjeux « égalitaires » de la réforme des CROUS Philippe Selosse

Leurs intentions sont pures Julia Bodin

Recherche  : l’apogée d’une vision utilitariste Henri Audier

Quand enterrerons-nous les fossoyeurs  ? Hélène Cherrucresco

« Et d’ailleurs, au fond, que veulent-ils  ? Encore deux ans de palabres… » ou comment Valérie Pécresse évita de voir à Berkeley ce qu’il aurait été utile qu’elle contemplât Déborah Blocker

Apprenons du malheur du pays des All Blacks Ian Vickridge

Et si c’était maintenant que ça commençait  ? Sauvons l’Université

lyon2; Alexandre et Tayeb, syndicalistes FSE, ont été relaxés

octobre 6, 2009 par stef2cnrs

Après les incidents du 27 avril à l’université Lyon 2, deux étudiants, Alexandre et Tayeb, restaient poursuivis alors que de multiples témoignages faisaient état de leur absence lors des faits qui leur étaient reprochés. On apprend sur Luttes étudiantes qu’ils ont été, fort logiquement et c’est heureux, relaxés lors du procès du 1er juillet :

« Le verdict est tombé hier, 1er juillet 2009 : Alexandre et Tayeb, syndicalistes FSE, ont été relaxés. Ils avaient été arrêtés le 27 avril dernier, avec 3 autres étudiants, en marge d’une confrontation au sujet d’un vote à bulletin secret organisé par la présidence, jugé illégitime par les AG, sur le déblocage de l’université. Tous les témoignages concordaient pour prouver qu’ils ne se trouvaient pas sur le lieu où les faits qui leur étaient reprochés se sont produits.
Si nous nous réjouissons de ce verdict, leur relaxe n’atténue pas la politique de répression croissante à laquelle nous assistons quotidiennement et qui touche les militants de lutte, étudiants et travailleurs. Il est inacceptable que, face à la légèreté du dossier de l’accusation, il ait fallu un procès pour innocenter nos camarades Alexandre et Tayeb. De la même façon, nous dénonçons l’attitude de la police qui n’a pas hésité à tirer sur les étudiants au flashball le 19 mars à Toulouse, touchant grièvement à l’oeil Joan, militant à l’AGET-FSE (FSE Toulouse) et, plus généralement, l’usage de gaz lacrymogènes et de matraques sur les manifestants de la part de la police. Face à cela, la FSE continue à faire signer la pétition contre la répression.

répression à l’Université de Perpignan

octobre 6, 2009 par stef2cnrs

Communiqué lu sur Luttes étudiantes :

Condamnation de Yann et Pierre : la « Justice » contre les luttes sociales

Ce mercredi 12 août, en plein creux estival, le tribunal de Perpignan rendait son délibéré dans l’affaire Yann et Pierre. Plus d’une centaine de personnes sont venues accompagner nos camarades. Elles étaient plus de deux cents lors de leur comparution devant la cour du tribunal de Perpignan le 29 juin dernier. Plusieurs organisations locales et nationales soutenaient Yann et Pierre. Malgré cette mobilisation, nos camarades Yann et Pierre viennent d’être condamnés à 550 euros d’amende chacun (200 euros pour outrage à un professeur et 350 euros pour les frais de justice engagés par l’université de Perpignan, partie civile) et un mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN.
Dans un dossier vide, où il ne restait qu’une injure à un professeur anti-bloqueur, une photo saisie d’un slogan peint sur la route lors de la lutte anti-CPE, et le refus du prélèvement d’ADN, la volonté de la « justice » est claire : condamner Yann et Pierre pour leur participation active contre la loi LRU .
La répression sur les militants investis dans les luttes sociales doit alerter l’ensemble de ceux et celles qui refusent de se résigner face aux injustices (salariés luttant pour garder leur emploi trainés devant les tribunaux, militant-es de la lutte des sans-papiers ou pour le logement etc.). La condamnation de Yann et Pierre est complètement dans le processus d’une véritable criminalisation du mouvement social et des luttes.
Plus généralement, cette condamnation est un nouveau marqueur de l’érosion des droits de manifestation et d’expression. L’État balise toujours à la baisse le champ de la contestation qu’il tolère, en réprimant les luttes qui le dérangent. Ainsi, tous ceux qui pensent que la lutte ne doit pas accepter les limites fixées par le pouvoir (encadrement du droit de grève, notamment), et qu’elle doit être menée loin des organes institutionnels, se voient poursuivis en justice de plus en plus systématiquement. La quasi interdiction des manifestations (camp No Border à Calais, anti-OTAN à Strasbourg…), comme la condamnation de Yann et Pierre à un mois de sursis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN s’inscrivent dans cette logique du « tout sécuritaire ». Nos libertés se restreignent de plus en plus : jusqu’où, jusqu’à quand allons-nous laisser faire ?
C’est bien à un procès politique auquel nous avons assisté. Le pouvoir a décidé de « se payer » deux militants actifs qui se revendiquent anarchistes ; deux anarchistes qui loin des clichés ont une action réfléchie au cœur de la lutte, action qui trouve un écho et est comprise ; deux militants qui ont travaillé à l’auto-organisation des luttes étudiantes, à la mise en place de pratiques anti-autoritaires dans ces luttes, et qui remettent en cause le fonctionnement global de la société. Le pouvoir ne veut pas laisser ces situations se répéter et il sort donc le bâton …
Yann et Pierre, leurs soutiens et leurs avocats étudient l’opportunité de faire appel de cette décision. Nous vous tiendrons au courant des suites décidées et ferons à nouveau appel à vous en cas de besoin.

Montpellier, le 12 août 2009
Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes

(Pour un historique, voir ce précédent billet de Poolp)